Ellana : Héroïne de notre histoire, apprentie Marchombre et élève de Jilano, elle vient de réussir l'épreuve de L'Ahn-Ju et s'apprète désormais à passer la deuxième épreuve qui la mènera peut-être à la greffe marchombre
De plus elle a une fâcheuse tendance à décortiquer la réponse réponse à une question en deux : La réponse du savant et la réponse du poète
Nillem : Apprenti Marchombre et élève de Sayanel, il vient de réussir l'épreuve de L'Ahn-Ju et lui aussi s'apprète à passer la deuxième épreuve
Ayant tout les deux le même but, leurs maîtres les ont conduits à arpenter ce chemin enssemble. Et une nuit, alors qu'ils s'apprétaient à dormir, ils discutaient...
Nillem :
"J'ai dix-sept ans, j'ai traversé l'Empire du nord au sud et d'est en ouest, je me suis même rendu en pays faël. J'ai bientôt achevé mon apprentissage et Sayanel, plutôt avare de compliments, affirme que je me débrouille bien. L'Ahn-Ju ne m'a posé aucune difficultée, chaque fois que je me suis mesuré à toi je l'ai emporté et pourtant... j'ai parfois l'impression quand je te regarde, quand je t'écoute, de... de n'être... qu'un débutant.
Il se tourna vers elle, se dressant sur un coude pour approcher son visage du sien.
- Tu es mystèrieuse. Belle aussi. Presque... envoûtante.
Ellana se figea. La silhouette de Nillem se découpait sur le ciel nocturne. Si proche. Elle sentit sa respiration s'accélérer tandis qu'un étrange frisson traverssait son dos.
- Tu ne l'as pas emporté chaque fois, bafouilla-t-elle sans savoir pourquoi elle prononçait cette phrase stupide.
Nillem ne répondit pas. Du bout des doigts, il chassa la mèche sombre qui barrait le front d'Ellana. Il caressa le velour de sa joue, frôla une veinne qui palpitait follement sur son cou, approcha ses lèvres...
- Tu... Je... balbutia-t-elle
- Je l'emporte toujours, lui murmura-t-il à l'oreille d'une voix douce.
Ellana avait l'impression que ses muscles étaient devenus du coton. Elle mourrait d'envie que la bouche de Nillem se pose sur la sienne et redoutait par dessus tout qu'elle le fasse. Elle aurait voulu être à des milliers de kilomètres de là, et pourtant son bondissait à l'idée de se blottir contre lui. Elle glissa une main hésitante derrière sa nuque, l'attira vers elle...
- Toujours, répéta-t-il dans un souffle.
Ce fut le mot de trop.
La caresse d'Ellana devint prise de combat. Profitant de l'effet de surprise elle le fit basculer en arrière et le cloua au sol d'une clef imparable.
- Non, pas toujours ! s'exclama-t-elle.
La tension qui avait noué son corps s'évacua d'un seul coup et elle éclata de rire. Un rire haut et clair.
Libre.
Le nez dans les cailloux, Nillem mit quelques secondes à l'imiter. Lorsqu'elle le lâcha, il se massa l'épaule, simulant une douleur terrible.
- Tu as triché, gémit-il.
- C'est toi qui as commencé.
Il redevint sérieux.
- Tu n'avais pas envie que... je t'embrasse.
Ellana laissa flotter sur ses lèvres un sourire ambigu.
- Il y a deux réponses à cette question, comme à toutes les questions. Celle du savant et celle du poète.
- Et ?
- Et ce soir, Je ne te donnerais ni l'une ni l'autre.
